Les mobilités actives sortent du budget, le bon sens de la route ! Il y a des absences qui pèsent plus lourd que des annonces. Dans la loi‑cadre Transports présentée le 11 février, le vélo et la marche disparaissent du champ budgétaire national. Ce silence interroge, alors même que la France s’est engagée dans une…
Les mobilités actives sortent du budget, le bon sens de la route !
Il y a des absences qui pèsent plus lourd que des annonces. Dans la loi‑cadre Transports présentée le 11 février, le vélo et la marche disparaissent du champ budgétaire national. Ce silence interroge, alors même que la France s’est engagée dans une transition de mobilité dont les mobilités actives sont l’un des piliers les plus efficaces et les plus accessibles.
Depuis 2019, la pratique du vélo a bondi de 40 %. L’État a accompagné, une dynamique s’est installée. Aujourd’hui, cette dynamique vacille. Si la réaffectation de voies peu circulées est une solution à développer dans les territoires peu denses (ruraux et périurbains), elle nécessite aussi des moyens ; les collectivités qui ont investi et se sont engagées pour réaliser leurs schémas directeurs des mobilités actives doivent pouvoir les poursuivre.
Cette absence est d’autant plus incompréhensible que nous sommes face à des enjeux sociaux, sociétaux, sanitaires, économiques et climatiques qui n’ont jamais été aussi pressants. La sécurité routière dresse un bilan provisoire 2025 pour les modes actifs toujours aussi lourd en vies perdues et en blessés graves hors agglomération. Il est urgent d’agir et de sécuriser les usagers vulnérables !
Les défis sanitaires et économiques sont connus de tous : marcher ou pédaler, c’est bon pour la santé mais aussi pour le porte-monnaie. Quant au changement climatique, il n’épargne pas les infrastructures : les récentes inondations qui ont notamment touché la façade atlantique ont endommagé bien des véloroutes installées le long des rivières et canaux. Les tempêtes qui ont touché les massifs forestiers et ont décimé de nombreux arbres, rendent là encore certains itinéraires cyclables impraticables voire interdits à la circulation. C’est le cas aussi lorsque des incendies dévastent des massifs forestiers. Tout le monde se souvient des feux qui ont ravagé la Gironde et rendu la pratique du vélo complexe dans un département où de nombreux aménagements cyclables ont été développé en forêt et ont subi de lourds dommages… Les épisodes caniculaires nous obligent également à nous adapter. Impossible de marcher ou pédaler sans ombre. Tous ces phénomènes ont lieu à des fréquences de plus en plus élevée et touchent l’ensemble du territoire. Il faudra du temps — et beaucoup d’investissements — pour créer de nouveaux linéaires durables mais aussi refaire, adapter ou encore dévier les nombreux itinéraires impactés.
Face à ces réalités, l’État doit continuer à soutenir les mobilités actives que des millions de Français plébiscitent déjà. Ces modes de déplacement, vertueux à tous les niveaux, doivent être encouragés partout, pas freinés ! La balle est désormais dans le camp du Parlement. À lui de dire si la France entend réellement tenir ses engagements en matière de mobilité durable, ou si elle choisit de laisser s’éroder, faute de moyens, l’une de ses politiques publiques les plus prometteuses.
Christelle Cubaud, Présidente de l’AF3V
