LOM : Tout ça pour ça ?

La Loi d’Orientation sur les Mobilités....



La Loi d’Orientation sur les Mobilités : Tout ça pour ça ?



Adoptée le 18 juin en première lecture, la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) qui devait révolutionner nos modes de déplacement se révèle très décevante pour les usagers des véloroutes et voies vertes. Organisation des Assises de la Mobilité qui auront duré 3 mois, 2513 contributions recueillies, plus de 300 heures de débat à l’assemblée nationale, 3500 amendements déposés… pour quels résultats concrets ?


La définition de la véloroute est désormais officiellement inscrite dans le code de la voirie routière. Cette mesure est censée assurer l’homogénéité et la qualité des itinéraires. En réalité les militants de l’AF3V le savent bien : c’est sur le terrain, avec les maîtres d’ouvrage, que se négocient et se décident la qualité et la continuité du réseau des VVV. Aucune formulation inscrite dans la loi ne remplacera jamais le travail de concertation de nos délégations locales.


Autre évolution : le « schéma national des véloroutes et voies vertes », SN3V, s’appellera désormais « schéma national des véloroutes ». Les députés ont jugé qu’il n’était pas souhaitable que l’on mette sur le même plan les véloroutes, qui sont des itinéraires, et les voies vertes, qui sont des aménagements. Cet éclaircissement sémantique méritait-il un amendement ? Ce changement réjouira ceux qui se payent de mots.


Nous attendions beaucoup de cette nouvelle loi pour enfin autoriser la circulation des cyclistes sur l’ensemble des chemins de halage. Malheureusement notre amendement, sans doute trop précis et trop concret (un grand merci à Agnès Laszczyk de la FUB pour ses précieux conseils), a été repoussé. Les députés ont préféré inscrire dans la loi que Voies Navigables de France pourra « promouvoir l’usage du vélo sur le réseau qui lui est confié » tout en réaffirmant immédiatement la nécessité de passer des conventions au cas par cas, ce qui correspond exactement au système actuel que nous proposions de faire évoluer. La sécurité des cyclistes servira encore longtemps de monnaie d’échange entre VNF, qui essaie de se décharger du coût de l’entretien de ses chemins de halage et les collectivités qui ont des projets de voies verte ou pas.


Sans attendre une évolution plus ambitieuse des lois qui régissent nos déplacements, l’AF3V continue de se mobiliser chaque jour sur le terrain pour le développement et l’amélioration du réseau des VVV.


Julien DUBOIS
Président de l’AF3V